Mon parcours, le socle de mon expertise

Un intérêt pour la diversité culturelle et religieuse

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours dévoré les romans historiques, les biographies et récits de voyages lointains dans le temps et dans l’espace. Mon baccalauréat en poche, le choix de mes études s’est vite imposé: ce serait les sciences sociales. Dès le début de mes études en ethnologie à Neuchâtel, ma fascination pour la diversité culturelle et religieuse  se renforce. Mon intérêt portera d’abord sur l’Asie du Sud-Est, l’Asie centrale, puis le Moyen-Orient et enfin le Maghreb. Rapidement, je prends conscience des articulations entre cultures et religions, les unes se nourrissant des autres, chacune s’imbriquant à l’autre au gré des fluctuations contextuelles, et parfois géopolitiques. Je décide alors de compléter ma formation en ethnologie et sociologie en débutant un cursus en sciences des religions à Fribourg. J’ai ainsi acquis de solides connaissances du bouddhisme, de l’hindouisme, puis de l’islam dans ses différentes déclinaisons géographiques, notamment en Indonésie, en Afghanistan et en Egypte.

Du lointain au local

A la fin des années 1990, mon regard se tourne vers l’Europe. Les migrations internationales ayant profondément modifié la structure démographique des pays européens, mon intérêt se déplace et cherche à comprendre comment les personnes issues de l’immigration choisissent la Suisse, quelles sont leurs attentes et les défis qu’elles rencontrent et comment les sociétés européennes répondent à ces nouveaux enjeux démographiques, sociaux et politiques. Cette période de l’histoire contemporaine, correspond avec une immigration en Suisse en provenance de pays majoritairement musulmans : Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Turquie, mais aussi du Moyen-Orient et du Maghreb. C’est au carrefour du millénaire que je décide d’entamer une formation doctorale et de consacrer ma recherche aux personnes de confession musulmanes en Suisse. Dans ce travail, je m’intéresse à la façon dont ceux et celles-ci se définissent en tant que musulman·e·s, mais aussi comment est-ce qu’ils et elles se projettent et se situent dans la société suisse.

De cette expérience de recherche, je retiens une passion pour le terrain (comme on le dit dans mon jargon), passer du temps avec les gens, les observer dans leurs conduites les plus anodines, les écouter, échanger, débattre aussi parfois avec eux. Je développe aussi des compétences méthodologiques et théoriques solides pour analyser, contextualiser et problématiser la diversité dans ses rapports avec les sociétés européennes contemporaines. Cette expérience m’inscris aussi dans des réseaux nationaux et internationaux de chercheur·e·s, mais aussi de professionnel·le·s des domaines de la migration et de l’intégration.

Un regard sur les institutions

En 2008, un nouveau terrain de recherche s’ouvre à moi. Dans le cadre d’une recherche sur les enjeux du pluralisme religieux, je suis amenée à réaliser du terrain dans les prisons. Environnement pluri-culturel et pluri-religieux s’il y en est, les prisons sont aussi des institutions étatiques dans lesquelles se jouent et s’imbriquent des relations de pouvoir : entre personnes détenues bien sûr, mais aussi entre agent·e·s de détention et détenu·e·s, entre les différents corps de métiers et à différents échelons de la prison, mais aussi entre les Eglises et les communautés religieuses non reconnues, ou encore entre l’Etat et les organisations religieuses reconnues ou non. Petit à petit, je porte une attention particulière à l’intersectionnalité des rapports de pouvoir et aiguise mon regard sur l’exercice de ceux-ci sous l’angle de la diversité. De terrains en rencontres, de visages en protocoles, je me spécialise sur la gestion de la diversité culturelle et religieuse dans les institutions publiques, notamment les prisons, les écoles et les hôpitaux.

Transmettre le terrain

Outre faire de la recherche, j’aime aussi transmettre les résultats de mes recherches. C’est pourquoi je m’investis depuis le début de ma carrière dans l’enseignement universitaire et la formation continue. J’interviens ainsi régulièrement dans des programmes certifiants d’Université et Hautes Ecole, et je propose aussi des sensibilisations et des formations sur mesure aux administrations, institutions et entreprises. Je travaille ainsi régulièrement avec Centre suisse de compétences en matière d’exécution des sanctions pénales (CSCSP) et l’Institut des hautes études en formation professionnelle (IFFP).

Une expertise ancrée dans le terrain

Mon parcours, mariant proximité au terrain, rigueur scientifique, réseaux académiques et professionnels constitue le socle de mon expertise. Aujourd’hui, mes principaux champs de compétences tournent autour des cinq domaines suivants:

  • aux modes de gestion cantonale du fait religieux
  • au positionnement des religions (non) reconnue dans les institutions publiques
  • au mobilisation du croire des utilisateurs et bénéficiaires des institutions
  • aux processus de radicalisation en prison
  • prévention du racisme et des discriminations

Publications

Je publie régulièrement mes résultats de recherche sous différents formats.

Toutes mes publications

Dans les médias

J’interviens régulièrement dans les médias locaux et nationaux sur des thématiques de société telles que la radicalisation, la formation des imams ou la diversité de l’islam en Suisse. En plus de mes nombreuses interventions dans la presse écrite, j’ai été invitée à m’exprimer à plus de 30 reprises sur la RTS.

Mes interventions sur la RTS sur Avis d’experts